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. .






libraux pensent tout bas : ce nest pas lemploi qui manque, mais la

volont den chercher. La socit na pas se proccuper du sort des gens

puisque ce sort, il ne tient qu eux de lamliorer. Certes, lincitation

travailler au noir tait malheureuse. Elle est cependant secondaire dans

laffaire : les opportunits ne manquent pas, dclare en substance Il

Cavaliere, il suffit de se dbrouiller. Les pauvres et les sans-emploi

nont qu sen prendre eux-mmes sils rechignent le faire.

Dans une conomie de march, un gouvernement peut tre conduit prendre

parfois des mesures favorables aux entreprises, voire certaines

catgories sociales, quand cest la condition indispensable dune relance

de la croissance, et donc de lemploi. Mais le moment est-il venu de mener

une politique favorable loffre et surtout aux hauts revenus ? On peut en

douter. Certes, cest linvestissement qui est aujourdhui le plus malade.

Mais est-ce en menaant de fermer le robinet de la consommation quon

parviendra le relancer ? Assurment non.

Certes, lchec du communisme ninterdit en rien une critique radicale de

la domination politique des intrts du capital, dans le cadre de

lconomie de march et de la dmocratie. Mais on bute alors sur un second

obstacle. Les dmocraties fonctionnent en ralit comme des oligarchies :

une lite conomique et technocratique y matrise de fait lensemble des

choix publics. Ds lors, les lecteurs peuvent provoquer lalternance des

gouvernements, mais pas celle des politiques, tant que la majorit au

pouvoir dans les grands partis ny trouve pas son intrt. Dans les annes

80, la droite librale domine la plupart des gouvernements occidentaux.

Les Quinze n'ont mme pas daign donner Ankara quelque espoir d'tre

un jour admissible l'UE en lui fixant une chance, mme lointaine. Leur

silence fait office de rponse aux demandes ritres d'un partenaire qui

ne cesse de manifester son souhait de les rejoindre.

Certes, la Turquie doit encore fournir d'normes efforts pour devenir

concrtement ligible l'intgration Mais, si ce pays avance trop

lentement en matire de respect des liberts lmentaires, il avance tout

de mme.

Pour certains, c'est une question de logique, de bon sens. Les pays

candidats, quoi qu'en dise la Commission ou, au contraire, comme le laisse

entendre la Commission, ne sont pas prts. Les pays membres ne sont pas

prts non plus, les rformes bancales qu'ils ont dcides Nice n'ont pas

rsolu, mais aggrav les questions institutionnelles L'argumentaire de

ceux qui voudraient que les Irlandais arrtent la machine infernale de

l'largissement le temps que tout le monde se prpare est certes plus

labor. Mais est-il moins hypocrite ? Les nouveaux candidats, nous

explique-t-on d'abord, sont trop nombreux, trop pauvres, et pas assez

prpars. Certes. Mais qui a dcid de rsoudre le problme en une seule et

large premire fourne de dix candidats ? Peut-tre tait-ce une erreur,

peut-tre pas, mais il serait lgant, de la part des Quinze, de l'assumer.

De la mme manire, au moment o l'attitude amricaine rend plus

urgent que jamais un fort contrepoids, est-il vraiment judicieux d'attiser,

Varsovie comme Budapest et dans les capitales baltes, les braises du

doute europen et de la tentation amricaine ? Aprs tout, c'est bien

Washington qui a ouvert, ds 1999, les portes de l'OTAN, et s'apprte les

rouvrir. Certes, le "geste" n'est pas vraiment comparable, mais est-ce

vraiment le moment de conforter le vieux strotype d'une Europe de l'Ouest

goste et peu fiable ?

Les donnes concernant la pauvret, prsentes entre autres dans le

dossier spcial (dcembre 2002) de la Revue largissement dite par la

Direction des relations conomiques extrieures (DREE), ne prtent pas non

plus sourire : la Hongrie comptait 15 % de pauvres en 2000, et la

Roumanie, qui sera, certes, de la deuxime vague de l'largissement,

dtient un triste record, avec 45 %.

Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, autre virulent dtracteur,

dans le pass, de la recherche communautaire, fait lui aussi confiance

Philippe Busquin pour ne pas renouveler les erreurs du pass : "Le

dcrochage vis--vis des Etats-Unis commence devenir un sujet politique.

Certes, il y aura des pressions fortes des pays pour que chacun ait son

laboratoire de recherche. Et y cder serait l'horreur absolue. Mais

Philippe Busquin et ses ples d'excellence donnent des raisons d'esprer.

En outre, des systmes innovants se sont dj mis en place, en liaison avec

les pays du nord de l'Europe. Les pays baltes sont la cour arrire de ces

pays et en bnficient dj."

A partir du 1er juillet 2003, Ukrainiens, Bilorusses et Russes

devront avoir un visa pour aller en Pologne et dans les pays baltes. Le

vice-ministre des affaires trangres s'est lev contre "la limitation de

fait de la libert de circulation" et "l'apparition de nouvelles lignes de

dmarcation en Europe". Au pays du prsident Loukachenko, la libert est

certes un concept gomtrie variable. Mais il sera plus compliqu d'aller

l'Ouest surtout lorsque les nouveaux membres de l'UE intgreront l'espace

Schengen. Il en ira de mme pour les Russes qui se rendront dans les

anciens pays frres.

Si (=quoique)

La premire inscurit est bien celle de lemploi, vcue directement

par trois millions et demi de chmeurs (2), et indirectement par leurs

familles ou leurs proches : si lon a beaucoup voqu la dlinquance, la

premire raison cite comme explication du vote de 2002 (enqute du Centre

dtude de la vie politique franaise, le Cevipof) reste le chmage

(voque par 61 % des sonds, contre 57 % pour la dlinquance).

La rforme de 1975, qui introduit le divorce par consentement mutuel,

a permis des millions de couples de mettre fin (souvent linitiative

des femmes) une union qui se rvlait tre un chec. Mais, si les femmes

vivent mieux seules que dans un couple dsuni, il leur faut grer les

consquences des ruptures, notamment les difficults relles quentranent

ces sparations.

Si une partie de lopinion sinquite, non sans raison, dune

inscurit montante dans les domaines de lemploi, de la famille ou de la

ville, elle est loin daspirer un retour en arrire. Le travail des

femmes, le divorce et les recompositions familiales, lavortement et la

contraception sont dsormais trs majoritairement accepts.

Les auteurs de l'tude proposent deux scnarios en cas de rforme ou

non de la PAC. Si le budget de la PAC ne varie pas, la baisse de la

subvention verse l'agriculture franaise entranerait une forte

diminution de main-d'?uvre qualifie et non qualifie : "respectivement de

6 % et 10 % en 2003, 9 % et 13 % en 2010".

Si Silvio Berlusconi ne passe pas inaperu, il n'est plus une

exception dans le PPE, qui s'est peu peu loign de ses racines

dmocrates-chrtiennes pour englober la grande majorit des partis du

centre et de droite de l'Union europenne.

Si les mots "Constitution europenne" ne sont plus tabous, ils sont

trs souvent utiliss dans un sens qui ne correspond pas celui construit

par les juristes. En tmoigne la confusion rgulirement entretenue dans

les discours entre trait et Constitution, confusion qui dbouche parfois

dans la formule "trait constitutionnel".

Les exportations des PECO vers l'Europe occidentale ont progress de

15 % par an en moyenne, dans les annes 1990. Mais ce dveloppement est

rest dans une large mesure asymtrique : si l'UE reprsente 70 % des

changes des pays de l'Est, ils ne forment en retour que 4 % des

exportations de l'Ouest. Plus significatif encore, si la population des dix

pays candidats correspond 20 % de celle des Quinze, ils ne constituent

que 4 % du produit intrieur brut (PIB) de l'UE en euros courants.

Pour que la machine ne se grippe pas, il faudra videmment l'aider, et

faire preuve de solidarit. Comme avec l'Espagne, le Portugal et la Grce,

principaux bnficiaires des fonds structurels. Les dix pays qui

intgreront l'Union en mai 2004 le seront galement. Ces financements,

selon Emmanuel Julien, charg au Medef des affaires europennes et

internationales, "devraient servir de catalyseurs aux changements

mener"... comme ce fut le cas pour les pays du Sud.

Car si l'optimisme semble prvaloir, les experts s'accordent pour dire

que les dix candidats ont quelques annes difficiles devant eux.

En dpit du prcdent de 1995, le gouvernement Raffarin nhsite pas

tenter le passage en force de ses rformes, sans relle ngociation,

manifestant en cela la nouvelle croyance dominante droite : il ny a plus

de politique alternative crdible et, par consquent, plus de rel dbouch

politique dventuels mouvements sociaux. Et lattitude des vaincus du 21

avril risque de conforter cette analyse.

En effet, si le gouvernement Raffarin se distingue clairement du

gouvernement Jospin par son souci de dmanteler les rformes sociales de la

gauche, il apparat dautres gards dans la continuit dune conversion

librale qui a galement touch les socialistes, en France comme partout en

Europe.

Le cas de la Pologne est l pour le rappeler, dont la stagnation

conomique depuis deux ans est en bonne partie imputable la politique

montaire intransigeante de sa Banque centrale. Si linflation en Pologne

est tombe en dessous de linflation de la zone euro, cest malheureusement

aussi le cas de sa croissance.

A cela sajoutent les incertitudes de la transition. Pour les nouveaux

entrants, les deux annes de stabilit des changes lintrieur du

mcanisme de change europen (MCE2) sont perues comme une priode haut

risque quil faut courter au maximum. Si cette phase a t impose pour

dcouvrir et mettre lpreuve le taux de change auquel leur monnaie

sera un jour dfinitivement convertie en euro, elle les expose aussi au

comportement erratique des marchs. En effet, ces pays ont appris que

lancrage du change nest pas sans risque quand les capitaux circulent

librement. La crise tchque de 1997 en a fourni une bonne illustration,

quand les capitaux trangers, aprs avoir adul la petite Rpublique, lont

fuie massivement.

Ces nouveaux produits et services sont loin de pouvoir tre tous

rangs dans la catgorie des produits de luxe pour nantis, dont on pourrait

se passer. La rparation des dgts causs lenvironnement par

lindustrialisation va, par exemple, requrir un travail considrable dans

les prochaines dcennies, dont il sera difficile de faire lconomie. De

plus, la notion de produit ou de service indispensable est de toute

faon elle-mme minemment sociale et historique : comment, par exemple,

imaginer actuellement une vie digne de ce nom sans alimentation lectrique

son domicile. Pourtant, il ny a gure que 150 ans, le produit

lectricit nexistait tout simplement pas. Si le travail ne manque (et ne

manquera) donc pas, son contenu et ses formes changent constamment.

Si + cest que

Mais si les DRH ont ainsi vu leur rle dans l'entreprise devenir

stratgique, c'est aussi grce aux apports de la technologie.

Progressivement, ils ont pu se dgager de tches indispensables mais

rptitives et routinires qui, excutes la main, exigeaient beaucoup de

temps.

Dans un pays donn, le nombre des naissances na de sens que rapport

au nombre de femmes en ge den avoir, cest--dire ayant entre 15 et 49

ans, lequel a lgrement baiss dune anne sur lautre. Rsultat :

lindicateur de fcondit stablit 190 enfants pour 100 femmes en 2001,

contre 188 lanne prcdente, et 171 en 1995. Ce qui signifie que si,

chaque ge, les comportements de fcondit demeuraient lavenir ceux

constats en 2001, 100 femmes donneraient naissance durant leur vie fconde

190 enfants. Or, forcment, les choses changent, sinon lavenir serait la

reproduction du pass et lincertitude serait bannie du vocabulaire. Cela

est vrai aussi dans le domaine de la fcondit. Si les femmes ont

aujourdhui moins denfants quil y a trente ans, est-ce parce quelles ont

choisi de les avoir plus tard ou den avoir moins ?

Syndicalistes, responsables politiques, conomistes, tous semblent

daccord : si les entreprises licencient, cest pour augmenter leurs

profits. Pour autant, il faut se garder de tout raisonnement simpliste.

Aujourdhui comme hier, les richesses et donc les profits viennent du

travail. Les entreprises les plus profitables sont celles qui connaissent

les plus forts taux de croissance, celles qui investissent et embauchent.

Et si la Bourse salue parfois un plan de licenciements Moulinex, par

exemple , cest souvent que lentreprise qui y recourt dispose de

capacits de production inemployes qui psent sur sa rentabilit et

menacent sa survie. Lannonce des licenciements est alors perue comme

amliorant les chances de survie pour lentreprise.

Dans le langage boursier, la satisfaction exige une progression

substantielle des profits : chez les gens bien levs, on nexprime ses

sentiments qu partir dun chiffre suffisant.

Or, voil que, en peu de jours, quelques centaines de milliers doprateurs

ont chang davis. La chose ne leur parat plus faire de doute : le trou

dair amricain, cest fini. Si le Nasdaq repart la hausse, cest que

tous les gens intelligents et bien levs qui, jour aprs jour, scrutent

les socits comme Elisabeth Teissier les astres, sont parvenus cette

conclusion.

Si une partie du peuple italien sest abandonn aux bras du Cavaliere,

cest que le programme du centre gauche tait tout sauf exaltant. La

coalition de lOlivier avait pour tout programme la poursuite dune

politique daustrit dont les efforts ont certes t rpartis entre tous,

mais qui apparat dabord comme une stratgie dadaptation du pays aux

contraintes de lconomie mondiale.

Tout dabord, les positions caricaturales de ladministration Bush ne

doivent pas faire oublier que les discussions avaient t dj trs

difficiles avec ladministration Clinton. Si le dialogue a toujours t

tendu, cest parce que les contraintes acceptes par les ngociateurs

amricains Kyoto en 1997 (7 % de rduction par rapport aux missions de

gaz effet de serre en 1990) sont en ralit plus svres pour eux

quelles nen ont lair.

Une fois constitue, lopinion commune acquiert le statut dune

ralit objective, ce qui, du coup, renforce la conviction de ceux qui ont

particip la dcision : si les autres pensent comme moi, cest que je

suis dans le vrai. En ralit, la proposition doit tre inverse : pour que

le groupe fonctionne et nexplose pas, je suis amen penser comme les

autres. Cest ainsi que se forment les bulles spculatives sur les marchs

financiers, les tats de grce aprs les lections et les consensus

dexperts.

Oui ou non, la situation conomique et sociale de la France sest-elle

amliore depuis 1997 ? Si la rponse est Oui , cest que sa

comptitivit ne sest pas dgrade. Si cest Non , alors il faudra que

quelquun me convainque que mes critres de jugement sont mauvais.

Mme si

Enfin, les coles ont chang. Avant, les choses taient relativement

simples. Il y avait les noclassiques, les keynsiens et les marxistes.

Mme sils y rechignaient parfois, les conomistes finissaient par se

ranger dans une cole, on nose dire un camp.

Les grands fonds de rserve qui existent travers le monde placent

aujourd'hui au maximum 60 % de leurs actifs en actions, mme si leur

horizon d'investissement est lointain.

Que dire galement de l'environnement financier ? Mme si le cot du

crdit est faible, grce des taux chaque fois un peu plus bas, les

entreprises ne peuvent toujours pas compter sur le march boursier pour

amliorer leurs fonds propres.

Aprs tout, cest de bonne guerre et, en plus, ce nest pas faux. Mme

si lon peut faire aussi remarquer que les crations demplois salaris

relevant du rgime gnral observes depuis 1997 (un peu plus de 1,5

million de personnes, soit 12 % de salaris en plus) ont davantage fait

pour rduire, terme, le foss entre cotisations et prestations que

lallongement de la dure de cotisation dcid en 1993.

Les informations initiales faisaient tat de 15 milliards de dollars

de dettes : on en est actuellement 40 milliards, et ce nest sans doute

pas fini. Surtout, Enron, jusquen 1999, ralisait peine 10 milliards de

dollars de chiffre daffaires, essentiellement aux Etats-Unis (transport et

distribution de gaz naturel par gazoduc) et un peu au Royaume-Uni

(production dlectricit). Mme si 10 milliards de dollars, ce nest pas

ngligeable, il est excusable dignorer le nom dune socit texane, aux

activits locales et trs spcialise.

Le nouveau prsident argentin, Eduardo Duhalde, na pas manqu de

dnoncer lingrence du Fonds montaire international (FMI). Certains

commentateurs vont plus loin et accusent ce dernier de dclencher la crise

: ses exigences en matire de rigueur budgtaire concident en effet avec

les vagues de mesures restrictives annonces par lex-ministre des

Finances, Domingo Cavallo, qui ont fait descendre les Argentins dans la

rue. Mais concidence nest pas raison. Mme si nous savons les mfaits des

plans dajustement inadapts imposs ces dernires annes par le FMI

divers pays, le Fonds ne nous parat pas en lespce un coupable plausible

: il fut le plus souvent absent lheure du crime.

Il est encore trop tt pour parler dun miracle dmographique en

France . Mais la meilleure sant dmographique tient sans doute, pour

partie au moins, lexistence dune vraie politique familiale, mme si

elle est encore insuffisante.

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[1] . ..

, - . 1981

[2] . .. , ,

, 1981, . 21

[3] . 1

[4]

. 2

[5]

que ainsi que, ..

[6] Le Robert Micro

ailleurs.

[7] . 1

: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8



2012
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